TOURISME ETHNIQUE

Mis à jour : févr. 16

LES PEUPLES AUTOCHTONES SONT-ILS UNE MARCHANDISE ?

Comme tous les humains, nous nous déplaçons. Nous voyageons, nous l’avons toujours fait. Voyager est un acte solidement ancré dans la mentalité humaine. N’avons-nous pas quitté les savanes africaines il y a des milliers d’années pour découvrir le reste du monde ? Aujourd’hui, l’industrie du voyage est l’un des grands secteurs de l’économie mondiale. Nous quittons notre foyer pour nous lancer à l’assaut des montagnes, randonner dans les forêts tropicales et les déserts, danser à Cuba, traverser le détroit des Dardanelles à la nage, flâner dans les souks ou paresser sur une plage.

Mais le tourisme chez les peuples autochtones est rarement éthique et peut même s’avérer dangereux.

Quelques exemples :


MYANMAR (Ex-Birmanie) - Ma Thiang, 51 ans, "Femme Giraphe", nous parle de ses colliers : « Au début, ça me faisait mal. Maintenant je me suis habituée. Grace au tourisme, je gagne suffisamment pour entretenir ma famille. Ces colliers ne sont pas nés du tourisme, c'est une coutume. Que les étrangers viennent ou pas, nous continuerons à les porter ». Rien n'est

moins sûr, Suda, la propre fille de Ma Thiang, ne veut plus en entendre parler : « J’ai porté ça pendant 10 ans, à partir de l'âge de 5 ans. Je les ai retirés, je n'aimais pas ça ». Un début de révolte que certaines mères comprennent mais qui inquiète : « Nous, on ne nous a pas appris à lire et à écrire, on nous a mis ça autour du cou. Les nouvelles générations, c'est le contraire. Mais si la tradition se perd, s'il n'y a plus de femmes girafes, si les touristes ne viennent plus, de quoi vivra le village ? Le tissage n'y suffira pas ».

ILES ADAMAN - Le tourisme représente une grave menace sanitaire pour les Jarawa des îles Andaman, dans l’Océan Indien. Des tour-opérateurs peu scrupuleux conduisent des milliers de touristes chaque mois le long d’une route illégale, l’Andaman Trunk Road, qui traverse leur réserve, dans l’espoir d’observer des membres de la tribu. Ce genre de tourisme s’apparente à un sinistre safari humain. Le risque est aussi sanitaire : une épidémie apportée par les touristes risque de faire disparaître en peu de temps cette tribu de chasseurs-cueilleurs.


Ainsi, lorsque tourisme et peuples autochtones entrent en conflit, les raisons de cet engouement pour le voyage ont besoin d’être soigneusement analysées. Les voyageurs qui envisagent de visiter des zones où vivent des peuples autochtones doivent penser aux effets à long terme, à l’impact de leur visite sur ces peuples et ne pas uniquement vouloir ressentir le frisson fugace d’une expérience exotique à raconter une fois rentrés à la maison.


Marie-Ange Portal


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