L'EXHIBITION DES ANIMAUX, QUEL CIRQUE !

Mis à jour : févr. 16

Depuis plusieurs années, la question du rapport de l’homme à l’animal, notamment dans les arts forains, se fait de plus en plus cruciale. Certaines collectivités ont déjà pris des mesures concrètes en faveur des cirques sans animaux. Mais les pratiques sont tenaces et… juteuses.

Dans un article publié le 30 janvier dernier par France3 Hauts de France sur les conditions de vie de 9 tigres en captivité à Blacourt (Oise), le dresseur explique : "Je suis choqué qu'on m'accuse de maltraitance. Je respecte les règles depuis que j'ai commencé le métier il y a 43 ans. Les cages font 7 m² et le parc de détente fait 11 m de diamètre. La journée, les cages restent ouvertes pour que les tigres puissent marcher...".

Il n’est pas opportun ici de jeter l'opprobre sur l’art du domptage d'animaux sauvages qui a su capter l'attention de bon nombre de spectateurs grands ou petits et qui par le passé a contribué à une meilleure connaissance du monde animal.

Mais pour satisfaire cette soif, il existe aujourd'hui des moyens bien plus pertinents qui sont à la portée de toutes les bourses : la télévision, les magazines, internet. Ils ont l'immense avantage de nous faire découvrir l'animal dans son biotope.

Alors pourquoi les cirques continuent-ils d'utiliser des animaux sauvages dans leurs spectacles ?


Face au volume financier que représentent l'acquisition et l’entretien de ces populations d'animaux, il suffit d’opposer le nombre de spectateurs pour couvrir l'ensemble des frais d'exploitation.

En 2019, l'association One Voice a porté plainte contre les responsables du Parc Saint Paul qui en fin de représentation proposent aux enfants d'être pris en photo avec un petit tigre blanc sur leurs genoux. Hormis les 10€ à verser pour "couvrir les frais", la publicité auprès des jeunes enfants fera mouche.

«Tripoter le bébé tigre telle une peluche le met en état de stress intense. Les néons aveuglants, le vacarme assourdissant, la foule oppressante, les portages… Tout cela le terrorise. Ce n'est pas sa place. Il doit rester auprès de sa mère », martèle Muriel Arnal, présidente de l'association.

Trois leviers d'action sont à notre disposition pour parvenir à enrayer ces pratiques:

- une intervention ciblée en milieu scolaire destinée à informer les plus jeunes des conséquences néfastes que ces spectacles infligent à l'espèce animale.

- une législation efficace assortie de lourdes peines et de moyens de lutte à destination des trafiquants. Selon une récente étude parue dans la revue Science, le commerce de faune sauvage touche une espèce vertébrée terrestre sur cinq. Pendant le génocide au Rwanda, puis les rébellions dans le Kivu des animaux chassés illégalement étaient échangés contre des armes et le trafic d'animaux a alimenté les conflits. Morts ou vivants, les animaux rapportent gros. Leur commerce illicite est placé au troisième rang des trafics dans le monde, après ceux de la drogue et des armes.


Un accroissement de la prise de conscience des collectivités en faveur des cirques sans animaux.

Ainsi le 2 mai 2019, 354 communes de France, dont 69 villes de plus de 10 000 habitants, ont pris position pour des cirques sans animaux sur la base d'arrêtés, de délibérations ou de voeux. Dans l'Oise, Creil a fait figure de précurseur, avec un arrêté d’interdiction datant de 2009. En novembre 2017, un numéro de dresseur d'ours a été annulé à Beauvais devant le tollé soulevé par ce type de prestation. La Ville de Paris a voté le15 novembre 2019 la fin de la délivrance des "autorisations d'occupation de terrain" pour les cirques qui présenteront des spectacles avec animaux sauvages.

Le nombre et la qualité des spectacles de cirque sans animaux prouvent la viabilité de tels projets. Par exemple, en 1993, dix trapézistes se regroupent autour de Stéphane Ricordel pour fonder "Les Arts Sauts". Leur objectif est de construire une démarche artistique centrée sur leur spécialité, le trapèze volant. Ils déclarent vouloir « voler comme on nage, comme on respire, comme on aime... se laisser porter par les ailes du désir ».

Un long parcours reste à faire pour parvenir à interdire l’utilisation de toute espèce animale dans les cirques au risque de voir disparaître à jamais un nombre non négligeable d’animaux indispensables à la survie de l’homme.


Michel Thomas Rédacteur du magazine


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